Les billets publiés le 19/06/2014

Mais qui s'occupe de la Réussite éducative ?

Avant c'était (relativement) simple: Vincent Peillon s'occupait de l'Education, George Pau Langevin lui filait un coup de mains pour la Réussite éducative, Geneviève Fioraso avait le Sup', Valérie Fourneyron la Jeunesse. Là maintenant, c'est tout embrouillé. Par exemple, la Réussite éducative a disparu sans tambour ni trompette.  Logiquement, on s'attendrait à ce que Benoît Hamon s'en occupe. Mais non, apparemment c'est Najat Vallaud-Belkacem qui s'y colle. Allez comprendre...

Ce mardi 22 avril, la ministre au ministère bric à brac - en plus des Droits des femmes, elle a hérité de la Ville, de la Jeunesse et des Sports (dans l'ordre) - s'est rendue à Vandoeuvre-lès-Nancy (Meurthe et Moselle). Elle y a parlé politique de la Ville. Elle a aussi fait un détour à l'école Jeanne d'Arc qui possède un dispositif de réussite éducative, et s'est attardée sur  l'opération "orchestre à l'école" destinée aux élèves en difficulté. 

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Victoire du FN: Le poids de l'école

Une école inégalitaire qui fait réussir les plus favorisés et laisse tomber les plus pauvres et les plus "éloignés" du système scolaire, habitants des quartiers-ghettos, des territoires ruraux et néo ruraux en déclin: le constat n'est pas nouveau.  Les études le démontrent, année après année.  Mais rien ne change, ou si peu. Une telle injustice a très probablement pesé dans l'inexorable montée du FN.

Les études internationales Pisa le soulignent régulièrement depuis 2009, date à laquelle l'OCDE a intégré ce type de données: la France est le pays champion des inégalités scolaires, celui où les facteurs socio-culturels pèsent le plus dans la réussite, et l'échec, des élèves (Pisa prend en compte la profession des parents, leur niveau d'instruction, le nombre de livres à la maison, etc).

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Les billets publiés le 05/06/2014

New York, Kenneth Thompson, le justicier contre Louis Scarcella, le flic ripoux

Il se trouve que ce District Attorney, élu en novembre dernier, n’est autre que Kenneth Thompson, l’ancien avocat de Nafissatou Diallo, sorti victorieux de l’affaire new yorkaise de DSK.

Dans notre dernier billet, nous avions tiré notre chapeau au talent et à la générosité de deux enquêteurs privés de New York qui ont permis la libération très médiatisée de Jonathan Fleming, innocenté après 25 ans passés en prison pour un meurtre qu’il n’avait pas commis. Bien entendu, cet homme de Brooklyn ne serait pas libre sans la volonté du District Attorney de Brooklyn, un fonctionnaire élu qui représente le gouvernement (1). Il a décidé d’écouter les «privés» venus présenter leur contre-enquête et a ordonné un réexamen du dossier.

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Il se trouve que ce District Attorney, élu en novembre dernier, n’est autre que Kenneth Thompson, l’ancien avocat de Nafissatou Diallo, sorti victorieux de l’affaire new yorkaise de DSK. Kenneth Thompson est controversé. Ses liens avec des associations noires radicales et son penchant pour la publicité, mis à profit pendant l’affaire DSK/Diallo, ne sont pas du goût de tous. Mais son projet actuel mérite d’être noté comme l’un des plus ambitieux du genre aux Etats-Unis: dans la foulée de la libération de Jonathan Fleming, le procureur a ordonné un réexamen de 90 dossiers, principalement des meurtres jugés dans les années 80 et 90. «Personne ne fait cela à cette échelle» a remarqué Samuel Gross, professeur de droit à l’Université du Michigan qui recense toutes les exonérations aux Etats-Unis.
Les critiques diront que Kenneth Thompson n’avait guère n’avait guère le choix: 60 dossiers seraient liés à un seul et même détective de police désormais retraité de la NYPD, Louis Scarcella. Le scandale mijote, inévitable.

Il sera intéressant de voir dans quelle mesure des détectives privés seront appelés à la rescousse. Aux Etats-Unis, les enquêteurs privés travaillent couramment pour des institutions judiciaires (à des tarifs plafonnés à 40$ de l’heure par la Justice Administrative Commission). Les enquêteurs qui ont permis la libération de Jonathan Fleming ont raconté les coulisses de leur contre-enquête, lors d’un récent dîner de détectives dans la banlieue de New York. Le travail de Bob Rahn et Kim Anklin est détaillé sur leur blog et résumé dans cette chronique par la journaliste Diane Dimond, mais voici les leçons que j’ai tirées de leur présentation:

1. Pour être innocenté, il faut avoir une famille derrière soi. Jonathan Fleming serait encore en prison si sa mère n’avait pas eu la persévérance de contacter plusieurs détectives privés au fil des ans. Les premiers sont revenus bredouilles, ce qui ne l’a pas découragée de solliciter ob Rahn et Kim Anklin qui ont finalement sauvé son fils.
2. Pour être innocenté, il faut un réseau d’enquêteurs et d’avocats dévoués, prêts à travailler ensemble sur votre dossier pour presque rien.
3. Pour innocenter un condamné, il faut… se rendre sur les lieux du crime, ce que le détective de la police de New York n’avaient pas fait. Bob Rahn et Kim Anklin ont grimpé sur le balcon d’où un témoin oculaire disait avoir vu Jonathan Fleming. Leur constat: la distance était telle que c’était physiquement impossible de distinguer quoi que ce soit. Par ailleurs, la témoin oculaire avait, de ses propres aveux, oublié ses lunettes ce soir-là... Et elle avait fumé du crack.
4. Pour faire libérer un condamné, il faut réussir à se faire écouter par le/la District Attorney. Il/elle doit avoir la volonté d’agir et de prendre le risque politique qui va avec, puisque les procureurs de district sont souvent élus par les résidents de leur District.

Les billets publiés le 04/06/2014

Une autre France

Si la nouvelle carte des régions proposée par François Hollande ne fait, comme attendu, pas plaisir à tout le monde, elle était aussi l’occasion de redistribuer les cartes économiques, géographiques, voire sportives. 

Hormis l’Ile-de-France, largement et toujours à part en termes de richesse et de croissance, et la Corse, petit bout isolé, cette redistribution montre une volonté de ne pas créer de grandes disparités économiques entre les ensembles. Pour cela, il a fallu parfois faire une croix sur la logique géographique. Le futur Poitou-Charentes-Centre-Limousin, une région qui va de Dreux à Brive-la-Gaillarde, en est le parfait exemple.

La nouvelle carte de France

Si la nouvelle carte des régions proposée par François Hollande ne fait, comme attendu, pas plaisir à tout le monde, elle était aussi l’occasion de redistribuer les cartes économiques, géographiques, voire sportives. 

Hormis l’Ile-de-France, largement et toujours à part en termes de richesse et de croissance, et la Corse, petit bout isolé, cette redistribution montre une volonté de ne pas créer de grandes disparités économiques entre les ensembles. Pour cela, il a fallu parfois faire une croix sur la logique géographique. Le futur Poitou-Charentes-Centre-Limousin, une région qui va de Dreux à Brive-la-Gaillarde, en est le parfait exemple.

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Un blog écrit par Benoit Paul Kat

Fils cadet d'un père routier (décédé alors qu'il avait douze ans) et d'une mère épicière, fait ses études chez les Jésuites à l'internat de Godinne en Belgique, puis, à 17 ans et demi, quitte le domicile familial pour suivre des cours d'arts appliqués à l'institut technique Félicien Rops à Namur.